Selon leurs réponses, les élèves sont répartis en quatre groupes en fonction de la combinaison de leurs compétences et des défis qu’ils estiment rencontrer à l’école :
- faibles compétences – faible défi : les élèves de ce groupe sont susceptibles de ressentir de l’apathie. Ces élèves peuvent se montrer indifférents à l’égard de leurs apprentissages, parce qu’ils présentent de faibles compétences et qu’on leur demande d’effectuer des tâches qui représentent un faible défi. (Dans l’exemple ci-dessous : 1 %)
- faibles compétences – gros défi : les élèves de ce groupe sont susceptibles de ressentir de l’anxiété. Ces élèves peuvent se montrer anxieux, parce qu’ils présentent de faibles compétences et qu’on leur demande d’effectuer des tâches qui représentent un gros défi. (Dans l’exemple ci-dessous : 8 %)
- fortes compétences – faible défi : les élèves de ce groupe sont susceptibles de ressentir de l’ennui. Ces élèves peuvent ressentir de l’ennui, étant donné que les tâches qu’on leur demande d’exécuter ne représentent pas un défi à la hauteur de leur haut niveau de compétences. (Dans l’exemple ci-dessous : 23 %)
- fortes compétences – gros défi : les élèves de ce groupe idéal sont susceptibles de ressentir un « flow » ou « expérience optimale ». Ces élèves sont susceptibles d’estimer que les tâches qu’on leur demande d’exécuter sont à la hauteur de leur niveau de compétences. (Dans l’exemple ci-dessous : 68 %)
Le meilleur résultat possible en éducation serait que tous les élèves affichent des niveaux de compétences qui leur permettraient de se sentir pleinement concentrés et engagés à l’école, ou plus précisément des élèves qui appartiendraient au groupe « fortes compétences – gros défis » (en « flow »). L’objectif serait de faire passer les élèves des autres groupes à celui de l’expérience optimale ou « flow ».
Comment est-ce défini?
Les défis-compétences, ou défis en éducation, font référence à l’équilibre entre les niveaux de compétences des élèves et le défi que représente leur travail scolaire. Csikszentmihalyi (1991) a utilisé le terme « flow » pour décrire l’état d’une personne pleinement engagée dans une activité intrinsèquement intéressante. Il soutient que cela se produit lorsqu’il y a un équilibre entre le défi inhérent à une tâche et les compétences nécessaires pour le relever. En milieu scolaire, les élèves démontrent un plus grand engagement lorsqu’on leur demande d’exécuter des tâches difficiles et qu’ils estiment posséder les compétences nécessaires pour les exécuter.
Le cadre d’évaluation de The Learning Bar relatif à l’engagement des élèves comprend des mesures de l’engagement social, institutionnel et intellectuel. L’engagement intellectuel fait référence à l’investissement émotionnel et cognitif important des élèves à l’égard de leur apprentissage (Dunleavy, Milton, & Willms, 2012). Le concept de « flow » est un élément clé de l’engagement intellectuel, tout comme l’effort, et l’intérêt et la motivation.
Pourquoi est-ce important?
- Les personnes apprennent mieux lorsqu’elles essaient d’accomplir des tâches qui posent un défi et qui les intéressent profondément tout à la fois (Csikszentmihalyi, 1991).
- Les élèves qui affichent un haut niveau de compétences et se retrouvent devant un faible défi ont tendance à trouver l’école ennuyante et peu pertinente (Willms, Friesen, & Milton, 2009).
- Les élèves qui affichent de faibles compétences et se retrouvent devant un gros défi sont près de deux fois plus susceptibles d’éprouver de l’anxiété que leurs pairs affichant un haut niveau de compétences qui se retrouvent devant un gros défi (Tramonte & Willms, 2010).
- Les élèves qui affichent un faible engagement et de faibles compétences scolaires présentent un risque accru de décrochage scolaire (Bagnell, Tramonte, & Willms, 2008).
Comment est-ce mesuré?
Dans le cadre du sondage NotreÉCOLE destiné aux élèves du primaire, les élèves répondent à des questions d’une échelle de type Likert sur la mesure dans laquelle ils estiment avoir des défis à l’école et la mesure dans laquelle ils sont confiants au sujet de leurs compétences. Dans le cadre du sondage destiné aux élèves du secondaire, les élèves répondent à des questions d’une échelle de type Likert sur la mesure dans laquelle ils estiment avoir des défis à l’école, et on évalue leur niveau de compétences en fonction des résultats autodéclarés en français, en mathématiques et en science.
Dans les deux questionnaires, les élèves sont répartis en quatre groupes : « faibles compétences – gros défi », « fortes compétences – gros défi », « faibles compétences – faible défi » et « fortes compétences – faible défi ». Les résultats sont présentés dans un tableau de deux colonnes et deux rangées indiquant le pourcentage d’élèves dans chacun des quatre quadrants.
Références
Bagnell, A., Tramonte, L., & Willms, J. D. (2008). The prevalence of significant mental health problems among Canadian youth and their comorbidity with cognitive and health problems. Ottawa: Human Resources and Skills Development Canada.
Csikszentmihalyi, M. (1991). Flow: The Psychology of Optimal Experience. New York, NY: Harper & Row.
Dunleavy, J., Milton, P., & Willms, J. D. (2012). Trends in Intellectual Engagement. What did you do in School Today? Research Series Report Number Three. Toronto: Canadian Education Association.
Tramonte, L., & Willms, J. D. (2010). The prevalence of anxiety among middle and secondary school students in Canada. Canadian Journal of Public Health, 101(Suppl.3), S19–S22.
Willms, J. D., Friesen, S., & Milton, P. (2009). What did you do in school today? Transforming classrooms through social, academic, and intellectual engagement. (First National Report) Toronto: Canadian Education Association.
